Les enfants sont différents des adultes parce qu’ils ne peuvent pas prendre leurs médicaments de la même façon que les adultes : ils ne peuvent avaler les comprimés et les gélules en toute sécurité avant l’âge de 6 ans : ils ont besoin de formes pharmaceutiques spécifiques, soit liquides, soit solides sous forme de petits granules. Ces formes pharmaceutiques doivent avoir un goût acceptable. Les formes injectables doivent avoir une plus faible concentration, sinon la faible quantité qui doit être prélevée dans l’ampoule ne peut l’être avec une précision suffisante. Les injections intramusculaires sont douloureuses et présentent parfois le risque d’une nécrose tissulaire ou de blessure du nerf sciatique. Les pulvérisateurs d’aérosol pour les enfants asthmatiques ne peuvent être utilisés de manière fiable chez l’enfant avant l’âge de 8 ans et les enfants plus jeunes ont besoin de dispositifs spéciaux.
Les enfants sont différents des adultes aussi parce que la destinée des médicaments dans l’organisme des enfants est différente de chez les adultes. L’élimination des médicaments de l’organisme des enfants dépend du degré de maturité du foie et des reins et peut ainsi être beaucoup plus lente que chez l’adulte. Par exemple, les nouveau-nés ont besoin de doses beaucoup plus faibles que les adultes, sinon ils risquent un surdosage. A l’inverse, les nourrissons ont besoin de doses plus élevées (par rapport au poids de leur corps) car ils éliminent les médicaments beaucoup plus, sinon ils courent le risque d’insuffisance du traitement.
On a observé aussi que l’effet des médicaments est différent chez les enfants et l’intensité de cet effet peut, selon les cas, être soit plus faible soit plus importante que chez l’adulte. De plus, certains effets indésirables ne se produisent que chez les enfants parce que leur corps est en croissance et subit une maturation. Prescrire hors AMM, c’est faire courir un risque non maîtrisé. La pharmacologie pédiatrique est née de la constatation des effets indésirables graves des médicaments sur l’organisme humain en développement, au stade d’embryon et de jeune enfant, lors de catastrophes historiques. Des constatations plus récentes d’effets indésirables graves à long terme ont concerné aussi des enfants plus âgés et des adolescents, notamment sous l’effet des traitements anticancéreux.
Les enfants sont différents des adultes parce que les maladies des enfants peuvent être différentes de celles des adultes: certaines maladies n’existent que chez les enfants. C’est le cas de certaines maladies du nouveau-né, comme la détresse respiratoire de la maladie des membranes hyalines ou l’absence de fermeture du canal artériel. C’est aussi le cas de maladies d’enfants plus âgés comme le nanisme hypophysaire par défaut d'hormone de croissance ou le rachitisme par défaut de vitamine D.
D’autres maladies, communes à l’enfant et à l’adulte, sont en fait différentes chez l’enfant de ce qu’elles sont chez l’adulte : des maladies infectieuses apparemment semblables comme les otites, les infections broncho-pulmonaires, les méningites, réagissent différemment parce que les micro-organismes responsables sont tout à fait différents et varient selon l’âge des enfants, les cancers portent parfois le même nom mais les cellules cancéreuses sont différentes, elles réagissent différemment au traitement et le pronostic n’est pas le même.
Publié le vendredi 19 décembre